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La création du lac Arenal : Une histoire d’eau, de vent et de sagesse

Le barrage d'Arenal reste un atout clé pour l'infrastructure énergétique et les efforts de conservation environnementale du Costa Rica

par Yves Pepito Malette
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Niché au cœur du Costa Rica, entouré de forêts pluviales luxuriantes et du majestueux volcan Arenal, se trouve le lac Arenal, une merveille artificielle qui incarne le dévouement du pays à l’énergie renouvelable et à la préservation de l’environnement.

L’histoire de la création du lac Arenal n’est pas seulement celle de la construction d’un barrage ; c’est un récit qui entrelace les aspirations au progrès avec l’impératif de conserver les dons de la nature.

Le nom « Lac Arenal » (Lago Arenal en espagnol) provient du volcan Arenal, situé à proximité et l’un des repères les plus notables du pays. Le volcan Arenal tire lui-même son nom du mot espagnol « arenal », signifiant « zone sablonneuse » ou « banc de sable », en référence aux dépôts sablonneux le long de ses pentes et aux alentours.

Dominant le paysage, le volcan Arenal est l’un des volcans les plus emblématiques et actifs du Costa Rica. S’élevant à une altitude de 1 657 mètres, ce volcan conique et symétrique est devenu un symbole de beauté naturelle et de puissance dans le pays.

La raison : Une vision pour l’énergie renouvelable

L’idée de la création du lac Arenal dans les années 1970 a été propulsée par l’approche visionnaire du Costa Rica envers les sources d’énergie durables et renouvelables. Avant son expansion, le Costa Rica faisait face aux défis de la pénurie d’énergie et de la dépendance au pétrole importé, coûteux et vulnérable aux volatilités des marchés internationaux. La nécessité d’une solution énergétique fiable et autonome était primordiale.

Le projet du lac Arenal devait devenir l’élément central de la stratégie d’énergie renouvelable du Costa Rica. Le gouvernement, reconnaissant le potentiel hydroélectrique de la rivière Arenal, envisageait la création d’un réservoir pouvant servir à deux fins : générer de l’énergie hydroélectrique et fournir une source d’eau durable pour l’agriculture et l’usage domestique.

Le projet visait à exploiter les ressources naturelles du pays pour alimenter son développement tout en minimisant l’impact environnemental, un témoignage de l’éthique costaricaine de vivre en harmonie avec la nature.

Le comment : L’ingénierie rencontre l’intendance environnementale

La construction du barrage d’Arenal et la création subséquente du lac Arenal ont été une entreprise d’ingénierie monumentale. Cela impliquait l’expansion d’un petit lac existant en un réservoir qui s’étendrait sur une superficie de 85 kilomètres carrés, ce qui en ferait le plus grand lac du Costa Rica.

La construction du barrage, achevée en 1979, a donc été un processus méticuleux nécessitant non seulement des techniques d’ingénierie avancées mais aussi un plan de gestion environnementale complet pour atténuer l’impact sur l’écosystème local et les communautés.

L’un des défis les plus significatifs était la relocalisation des communautés situées dans la zone d’inondation du réservoir proposé. Le gouvernement costaricain a entrepris un processus de relocalisation soigneux et respectueux, garantissant que les familles affectées étaient pourvues de nouvelles maisons et de terres agricoles.

De plus, les mesures de conservation environnementale étaient intégrales au projet, avec des efforts pour préserver la flore et la faune locales, y compris des initiatives de reforestation autour du périmètre du lac.

L’une des relocalisations les plus notables fut celle du village de Nuevo Arenal (Nouveau Arenal), établi pour loger les résidents de l’ancien village d’Arenal. Nuevo Arenal serait donc stratégiquement placé hors de la zone d’inondation, sur la rive nord-est du lac.

Le gouvernement a veillé à ce que le nouvel emplacement offrirait des terres et des installations adéquates pour les résidents, visant à reproduire le plus fidèlement possible les structures communautaires et économiques de l’ancien village. Malgré ces efforts, le déménagement a été un bouleversement important pour de nombreux résidents, qui ont dû s’adapter à un nouvel environnement et à un mode de vie modifié.

La centrale hydroélectrique du lac Arenal, exploitée par l’Institut d’électricité du Costa Rica (ICE), est alors devenue un pilier de la matrice énergétique du pays. Elle a la capacité de produire une portion significative de l’électricité du Costa Rica, contribuant à l’exploit remarquable du pays de générer plus de 98% de son électricité à partir de sources renouvelables.

La sagesse : Un héritage de durabilité et de tourisme

La création du lac Arenal a eu des effets au-delà de son objectif principal de production d’énergie. Le lac est devenu un centre de tourisme et de loisirs, attirant des visiteurs du monde entier séduits par sa beauté pittoresque, les opportunités de planche à voile, et la chance d’explorer le parc national du volcan Arenal voisin. Ce mélange d’attraction naturelle et d’activités récréatives a renforcé l’économie locale et souligné le potentiel du tourisme durable.

En conclusion, l’histoire du lac Arenal est un témoignage de l’approche prospective du Costa Rica en matière d’énergie et de conservation environnementale. Elle exemplifie comment l’ingéniosité humaine, couplée à un profond respect pour la nature, peut créer des solutions qui servent à la fois les générations présentes et futures. Le lac Arenal n’est pas juste un lac ; il est un phare de durabilité, résonnant le message du Costa Rica au monde sur les possibilités d’un développement harmonieux.


  1. Je vis au Costa Rica depuis 7 ans. Je possède 15 variétés différentes de palmiers. Certain déjà assez grands. Et…

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