Le Costa Rica, avec ses couchers de soleil dorés, ses eaux chaudes du Pacifique et sa promesse de renouveau, attire depuis longtemps ceux qui recherchent un autre rythme de vie. Pour de nombreux expatriés, il représente une échappatoire, une guérison, et une réinvention.
Mais dans la nuit du 17 août 2021, cette promesse a été brutalement brisée.
Jaclyn Ferland-Smith, une Canadienne de 40 ans, s’est volatilisée de sa résidence située dans le secteur Cacique, entre Playa Hermosa et Playas del Coco. Elle a été vue pour la dernière fois ce soir-là, et à partir de ce moment, elle semble s’être évaporée sans laisser de trace. Aucun signalement confirmé. Aucun mouvement bancaire. Aucune preuve d’un départ du pays.
Il ne reste que des questions.
Aujourd’hui, plusieurs années plus tard, son histoire revient au premier plan. Grâce à une nouvelle saison percutante de Someone Knows Something. Une série audio reconnue pour creuser plus profondément, écouter plus longtemps, et refuser de laisser le silence l’emporter.
Une série audio qui refuse d’abandonner Jaclyn
Créée, écrite et animée par le journaliste canadien primé David Ridgen, Someone Knows Something est largement considérée comme l’une des séries d’enquête criminelle les plus respectées au Canada. Sa force réside non seulement dans sa rigueur factuelle. Mais aussi dans son approche profondément humaine. Une narration qui ne cherche pas seulement des réponses, mais une compréhension. Et ultimement, une forme de paix pour les familles.
Diffusée sur plusieurs plateformes, cette nouvelle saison audio jette une lumière renouvelée et plus incisive sur la disparition de Jaclyn. Elle reprend l’affaire à la base. Remettant en question les hypothèses, revisitant la chronologie. Et donnant une voix à ceux qui vivent depuis des années dans l’incertitude.
Dans des commentaires exclusifs accordés à Mag506.com, David Ridgen explique son approche : « J’essaie de ne pas aborder une enquête avec des idées préconçues sur ce qui s’est produit ou non. Je me base sur les faits, et tout ce qui ne peut pas être confirmé comme un fait est soumis à un examen plus approfondi, jusqu’à ce que je puisse soit l’écarter, soit au moins l’expliquer. »
Cette rigueur devient essentielle dans une affaire comme celle de Jaclyn, où les faits sont rares et les versions souvent contradictoires.
Une vie entre beauté et lutte intérieure
À travers les témoignages de membres de sa famille et de personnes qui l’ont connue, un portrait de Jaclyn commence à se dessiner — bien plus complexe que ce que l’on pourrait croire à première vue.
« Elle était très athlétique, parfois même de manière compétitive », raconte Ridgen. « Elle aimait faire de l’exercice et être sur l’eau, et semblait toujours en mouvement, marchant ou courant partout. Au moment de sa disparition, Jackie était végétarienne et attentive à son alimentation. Elle aimait être entourée de nature, donc le Costa Rica était un endroit idéal pour elle. »
Elle avait pleinement adopté la vie au Costa Rica — photographiant les couchers de soleil, capturant des images d’oiseaux et de fleurs, plantant des bananiers dans sa cour, et partageant ces moments avec sa famille au Canada. Ses voisins se souviennent d’elle comme d’une personne chaleureuse, souriante, toujours prête à saluer les gens autour d’elle. Mais derrière cette façade lumineuse, des signes de détresse existaient.

« Sous la surface, Jackie éprouvait des difficultés sur le plan de la santé mentale », explique Ridgen. « Sébastien m’a confié que leurs disputes étaient de plus en plus fréquentes, particulièrement après leur arrivée au Costa Rica. Et parfois, ces disputes devenaient physiques. Certaines personnes en ont été témoins. »
Cette dualité — une vie baignée de beauté, mais marquée par des tensions profondes — devient un élément clé pour tenter de comprendre les événements qui ont suivi.
La nuit de sa disparition
Selon le récit de son conjoint, Sébastien Ferland, Jaclyn a quitté leur résidence à pied à la suite d’un conflit, dans la soirée du 17 août 2021. « Et cette nuit-là, explique David Ridgen, Jackie est partie après une dispute — selon Sébastien — et elle n’est jamais revenue. »
C’est un moment qui se trouve au cœur même du mystère. Un geste en apparence simple — partir à pied — qui a pourtant mené à une disparition totale. À partir de cet instant, chaque détail compte. Chaque incohérence compte. Chaque version des faits compte.
Parmi les différentes hypothèses qui circulent au sein de la communauté, l’une d’entre elles retient particulièrement l’attention dans l’enquête de Ridgen : la possibilité que Jaclyn ait quitté les lieux en taxi. Ce scénario, tout comme d’autres versions des événements, est réexaminé avec rigueur dans le but de remettre en question certaines hypothèses et de revisiter des pistes possiblement négligées.
« La chose la plus importante à analyser dans toute enquête, c’est la cohérence des récits », souligne Ridgen dans ses commentaires à notre magazine. « Est-ce que les versions racontées par les gens restent les mêmes dans le temps, ou présentent-elles des différences lorsqu’elles sont répétées ? Et si oui, de quel type de différences s’agit-il, et à quel point sont-elles significatives ? »
Les recherches qui ont suivi
David Ridgen explique que dans les heures suivant la disparition, l’Organisme d’enquête judiciaire du Costa Rica (OIJ) a mené une première intervention. Des chiens détecteurs de cadavres ont été utilisés, certaines analyses médico-légales ont été effectuées, et certainnes personnes ont été interrogées.
Pendant ce temps, la famille de Jaclyn s’est déplacée depuis le Canada pour participer aux recherches, gardant l’espoir que des réponses viendraient rapidement.
Krista Marshall, qui avait déjà rencontré Jaclyn, a lancé un appel à la communauté et contribué à coordonner les efforts de recherche civils. En tant que cheffe d’équipe bénévole, elle se souvient : « Entre 30 et 40 personnes se sont mobilisées pour la première recherche civile. »
Elle décrit une opération vaste et physiquement exigeante : « L’équipe OPEN comptait entre 7 et 10 personnes à la fois, âgées de 14 à 50 ans. À l’aide de cartes imprimées, nous avons divisé la zone en secteurs de recherche, que nous élargissions au besoin. Nous avons dû nous frayer un chemin à travers une végétation dense et envahissante — particulièrement difficile pendant la saison des pluies. Des embarcations se sont portées volontaires pour fouiller les zones aquatiques, des drones ont été utilisés pour des recherches aériennes, et certains membres de l’équipe sont même descendus en rappel le long de falaises pour inspecter les zones en contrebas. »
« Le problème central ici, explique Ridgen, c’est l’impossibilité de retrouver Jackie. Où est-elle allée ? »
Sans corps et sans preuve formelle, l’enquête s’est rapidement heurtée à son plus grand obstacle : l’incertitude.
Des questions sur l’enquête
L’un des aspects les plus marquants de cette nouvelle saison est sa volonté d’examiner non seulement la disparition elle-même, mais aussi l’enquête qui a suivi.
Dans son entrevue accordée à Mag506.com, David Ridgen livre une analyse mesurée, mais franche : « Je pense que l’OIJ a mené une enquête de base. Ils ont utilisé des chiens détecteurs de cadavres, effectué quelques tests médico-légaux, interrogé certaines personnes. Mais à mon avis, ils auraient pu faire beaucoup plus pour sécuriser les lieux le jour où Jackie a été vue pour la dernière fois. »

Il souligne des occasions manquées qui, selon lui, auraient pu faire une différence — davantage d’entrevues avec des témoins, des recherches plus étendues, des analyses médico-légales plus approfondies, ainsi qu’un effort plus large pour retracer les derniers déplacements de Jaclyn.
« Cette expansion de l’enquête dès les premières heures est cruciale, ajoute-t-il. Les éléments de données qu’ils ont manqués auraient pu permettre d’établir une cartographie plus complète des preuves. Plus il y a de données, plus il est possible de démontrer les choses de manière claire et décisive. Moins il y en a, plus cela laisse place aux rumeurs et à l’hystérie. »
Voix du public, frustration grandissante
La série a également ravivé les discussions publiques. Les auditeurs ne se contentent pas de seulement écouter — ils réagissent, questionnent et en demandent davantage.
Dans la section des commentaires de l’épisode 6, Adeline Proulx a exprimé un sentiment partagé par plusieurs :
« Malheureusement, si cette affaire s’était déroulée aux États-Unis ou au Canada, elle serait probablement plus près d’être résolue… La vérité finit toujours par émerger. »
Une affirmation difficile, mais qui reflète une inquiétude plus large concernant les limites de l’enquête et les occasions perdues.
Une communauté qui n’oublie pas
Même si les efforts officiels ont ralenti avec le temps, l’impact de la disparition de Jaclyn n’a jamais réellement disparu pour ceux qui ont participé aux recherches.
Krista Marshall, l’une des responsables des équipes de recherche bénévoles, partage son point de vue :
« Je pense que David Ridgen a fait un excellent travail avec cette série. Je lui suis reconnaissante de ramener l’attention sur Jaclyn et de maintenir sa présence dans l’esprit des gens. Sa famille souffre énormément de son absence, surtout sans avoir de réponses. Je ne peux pas imaginer ce qu’ils vivent au quotidien. »
Ses mots reflètent une réalité souvent oubliée dans les dossiers non résolus : la douleur persistante de ne pas savoir. Mais Krista croit aussi qu’il reste des réponses à découvrir — des vérités qui pourraient encore émerger.
La question sans réponse
Au cœur de cette affaire demeure la question à laquelle personne n’a su répondre : que s’est-il réellement passé avec Jaclyn Ferland-Smith ?
A-t-elle choisi de partir ? A-t-elle été victime d’un accident ? Ou s’est-il produit quelque chose de beaucoup plus grave ?
Dans ses commentaires exclusifs à Mag506.com, David Ridgen aborde ces hypothèses sans détour : « Jackie a-t-elle choisi de mettre fin à ses jours, ou quelqu’un lui a-t-il enlevé la vie ? Si elle a choisi de se suicider, a-t-elle aussi minutieusement planifié de ne jamais être retrouvée ? A-t-elle pris un taxi pour aller se suicider ? Si quelqu’un d’autre a causé sa mort ou était présent lorsqu’elle est décédée, cette personne sait à 100 % ce qui s’est passé. Et elle devrait parler maintenant. »
Au cours de la série, Sébastien Ferland nie fermement toute implication, exprimant sa frustration face aux soupçons qui pèsent sur lui : « Je ne l’ai pas tuée, évidemment. Les gens veulent me voir comme le coupable. Peu importe ce que je fais, ils vont penser que c’est moi. Qui suis-je pour convaincre qui que ce soit ? »
Il évoque également la possibilité que Jaclyn ait mis fin à ses jours. Mais cette hypothèse laisse une question troublante en suspens : comment une personne peut-elle se suicider et disparaître complètement ?
Ses paroles illustrent le poids du doute qui le suit depuis la disparition de Jaclyn. Une réalité façonnée autant par les zones d’ombre que par l’absence de preuves concrètes.
Garder l’affaire vivante
Pour David Ridgen, un principe demeure fondamental : ce type de dossier ne devrait jamais être fermé prématurément.
« Je pense que toutes les affaires devraient rester ouvertes et ne pas être classées tant qu’elles ne sont pas résolues de manière définitive, affirme-t-il. Sans retrouver Jackie elle-même, cela complique les choses, mais ce n’est pas impossible. Il reste encore du travail à faire. » Cette conviction est au cœur de cette nouvelle saison — un refus catégorique d’accepter le silence comme réponse.

« Si quelqu’un croit détenir de l’information, dit Ridgen dans un message aux lecteurs de Mag506.com, cette personne devrait se manifester. Toute personne qui pense avoir vu Jackie, lui avoir parlé ou avoir été en contact avec elle autour du 17 août 2021 devrait communiquer avec l’OIJ ou me contacter directement par courriel à : david.ridgen@cbc.ca»
Il s’adresse même directement à ceux qui pourraient détenir des informations cruciales : « Les aveux… sont un moyen essentiel permettant à la fois au responsable et à la famille de la victime, ainsi qu’à la communauté, d’en bénéficier. J’ai constaté que la révélation de la vérité agit comme un baume — elle peut réparer, ou du moins apaiser. S’il y a quelqu’un qui détient ce type d’information, je l’encourage à parler maintenant. »
Voyez aussi une entrevue en français qui avait été diffusée sur Pepito Live avec Sébastien Ferland au moment de la disparition de Jaclyn Smith Ferland.
Conclusion : regarder, partager, parler
Cette nouvelle saison de Someone Knows Something est bien plus qu’une simple série true crime. C’est la continuité d’une recherche qui n’a jamais vraiment cessé. Une invitation à regarder de plus près, à écouter attentivement, et à refuser l’indifférence.
Jaclyn Ferland-Smith n’est pas qu’une personne disparue. Elle est une histoire inachevée. Une vie interrompue. Une famille toujours dans l’attente.
Regarder cette série n’est pas un geste passif. C’est une forme de participation. En gardant son nom vivant. C’est refuser que sa disparition sombre dans l’oubli.
Parce que quelque part, d’une manière ou d’une autre… quelqu’un sait quelque chose...
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