Au cours des dernières semaines, un mot inhabituel a commencé à circuler dans certaines conversations au Costa Rica : « Therian ». Pour plusieurs, il s’agit d’un terme totalement nouveau. Pourtant, ce phénomène existe déjà depuis quelques années ailleurs dans le monde, notamment sur les réseaux sociaux.
Récemment, le président sortant du Costa Rica, Rodrigo Chaves, a fait une remarque teintée d’ironie en laissant entendre que les membres du parti rival de gauche, le Frente Amplio, pourraient bien être des therians.
Un therian est une personne qui affirme ressentir une identification profonde avec un animal non humain — parfois au point de considérer que son identité intérieure correspond davantage à celle d’un loup, d’un renard, d’un chat ou d’un autre animal. Certains adoptent même des comportements ou des accessoires pour exprimer cette identité : masques, queues artificielles ou gestes imitant l’animal auquel ils s’identifient.
Un phénomène amplifié par les réseaux sociaux
Comme beaucoup de tendances contemporaines, le phénomène therian s’est surtout propagé grâce aux plateformes numériques comme TikTok, Instagram ou YouTube.
Des vidéos montrent des jeunes portant des masques animaliers, courant à quatre pattes ou reproduisant certains comportements associés aux animaux qu’ils disent ressentir intérieurement. Pour certains observateurs, cela ressemble à une forme de cosplay, mélangeant jeu de rôle, expression personnelle et performance pour les réseaux sociaux.
Le mouvement, déjà visible en Argentine et au Mexique, semble désormais apparaître sporadiquement au Costa Rica, suscitant curiosité, incompréhension… et parfois un peu d’amusement.
Une réaction rapide des autorités et de certains commerces
L’arrivée de cette tendance n’est pas passée totalement inaperçue. Certains centres commerciaux de la région de San José auraient déjà indiqué qu’ils se réservent le droit d’admission afin d’éviter des comportements susceptibles de perturber l’ordre public. Plusieurs municipalités ont également signalé qu’elles surveilleraient les rassemblements inhabituels dans les parcs publics. Le mois dernier, la municipalité de Santa Ana a même refusé d’émettre un permis d’activité qui aurait permis la tenue d’un rassemblement de therians dans le parc central. Les réactions dans les médias locaux et sur les réseaux sociaux ont été particulièrement vives.
Même certains vétérinaires et commerces pour animaux auraient été mis en alerte après des rumeurs selon lesquelles certains participants auraient cherché à acheter de la nourriture pour animaux destinée à la consommation humaine.
Il est difficile de savoir dans quelle mesure ces histoires relèvent de faits réels ou simplement d’exagérations amplifiées par les réseaux sociaux.
Un phénomène qui n’est pas totalement nouveau
Si l’idée peut sembler étrange, le concept de transformation entre l’humain et l’animal n’est pourtant pas nouveau dans l’histoire de l’humanité.
Les mythologies anciennes regorgent de créatures hybrides : le Minotaure de la mythologie grecque, les loups-garous du folklore européen ou encore les skinwalkers dans certaines traditions autochtones d’Amérique du Nord.
La fascination humaine pour l’animal — ou pour l’idée d’en adopter certaines caractéristiques — traverse les cultures depuis des millénaires. La différence aujourd’hui est surtout la vitesse de diffusion des tendances, rendue possible par Internet.
Un phénomène qui fait sourire… mais qui reste marginal
Au Costa Rica, le phénomène reste pour l’instant très marginal. La majorité des gens le découvrent surtout à travers les réseaux sociaux ou quelques reportages médiatiques.
Pour plusieurs observateurs, il n’y a probablement pas lieu d’en faire un drame. Après tout, dans un pays reconnu mondialement pour sa biodiversité exceptionnelle — où les singes hurleurs, les paresseux et les aras rouges attirent déjà l’attention des visiteurs — voir quelques humains jouer aux renards ou aux loups pourrait presque sembler… une extension un peu étrange de l’amour local pour la nature.
Il faut dire que le Costa Rica est l’un des pays les plus riches en biodiversité au monde. Bien qu’il ne représente qu’environ 0,03 % de la surface terrestre de la planète, il abrite près de 5 % de toutes les espèces connues, et plus de 25 % de son territoire est protégé sous forme de parcs nationaux et de réserves. Dans un pays où la nature occupe une place aussi centrale, cette étrange tendance pourrait presque sembler… un clin d’œil involontaire à la richesse du monde animal qui entoure les Costariciens au quotidien.
Reste à savoir si cette tendance s’installera durablement ou si elle rejoindra la longue liste des curiosités passagères nées sur Internet. Une chose est certaine : à l’ère des réseaux sociaux, les surprises culturelles n’ont probablement pas fini de nous étonner.
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